Sarah - Le collège à la maison

 

Actuellement en quatrième, Sarah suit sa scolarité au CNED depuis qu'elle est en sixième. Pour nous aider à comprendre son parcours, sa motivation et ses objectifs, sa mère, Carmel a accepté de répondre à nos questions.

Sarah a suivi une scolarité classique jusqu’en CM2. La jeune fille est atteinte d’un syndrome de Turner associé à une double cardiopathie congénitale. Durant toute sa scolarité en présence, Sarah a bénéficié d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire) et d’un PPS (projet personnalisé de scolarisation). Elle avait des difficultés mais grâce à son AVS et sa volonté, elle n’a jamais redoublé et a toujours eu de très bonnes notes. Malgré tout ce qu'elle avait pu accomplir, cette année-là a marqué un vrai tournant. Victime d'un incessant harcèlement Sarah s’est complètement renfermée dans son monde, refusant tout contact avec les autres enfants en qui elle n’avait plus du tout confiance. Elle s'est rapidement retrouvée sans aucune amie, préférant le contact des animaux et des adultes.

La question de la déscolariser s’est alors posée à son entrée en  6ᵉ. En effet, en plus du harcèlement qu’elle avait subi, elle rencontrait de réelles difficultés au niveau des apprentissages. Bien que Sarah n’était ni autonome sur clavier, ni au niveau de la lecture des consignes, ni au niveau de son organisation dans le travail et dans son quotidien, la possibilité d'avoir le soutien d'un AVS lui a été refusé. Et comme d'un autre côté, la jeune fille avait un bon niveau général, elle ne pouvait pas non plus intégrer une classe spécialisée. Après de multiples discussions avec les spécialistes qui la suivaient, les parents de Sarah ont décidé de la scolariser à domicile pour raisons médicales avec le CNED à partir de la 6ᵉ. Sarah a vécu cela comme un réel soulagement. Elle avait besoin de souffler et de se reconstruire grâce à un suivi psy adapté.

 

Sarah suit désormais la 4e en filière adaptée. Elle a un peu moins de devoirs à rendre dans des matières de type technologie, musique ou arts plastiques. En plus d'un professeur de mathématiques qui vient l'aider chaque semaine, sa grand-mère intervient une fois par semaine pour lui faire des cours de français ou d’histoire. En ce qui concerne les devoirs : Sarah n’est pas encore capable de retenir trop d’informations sur une longue période, sa mémoire de travail n’étant pas encore rééduquée de manière optimale. Plus les années passent et plus Carmel essaye d’autonomiser sa fille. La jeune fille réussit désormais à faire des séances d’anglais et d’espagnol toute seule.

Pour Carmel, le CNED n’est pas une scolarité "facile" dans le sens où le programme scolaire est vu dans sa globalité, contrairement au cursus classique où souvent les professeurs ne vont pas au bout du programme.

Les supports numériques sont très bien faits et pouvoir rendre les devoirs en ligne est un gros avantage pour ma fille qui n’est pas en mesure d’écrire manuellement de manière fluide et spontanée.

 

Même si certaines matières sont plus compliquées que d’autres pour Sarah - par exemple la physique ou la SVT sont souvent composées de séances très longues qui l'épuisent -  dans l’ensemble, pour les trois années d'enseignement à distance que Sarah a déjà effectué, il n’y a pas eu de réelles difficultés. Sarah est très encadrée, que ce soit par sa mère, sa grand-mère ou son professeur de mathématiques. Elle ne fait pas ses cours toute seule. Sa famille lui a organisé un vrai petit collège à la maison où elle a trois professeurs au lieu de neuf ou dix. Cette organisation demande beaucoup de temps et de patience mais pour Carmel "cette manière de fonctionner est le meilleur compromis que la famille a pu trouver compte-tenu des difficultés de Sarah". Le plus gros challenge est de réussir à ne pas prendre de retard et à rester motivées. En effet, il y a des jours où ni elle ni sa fille n’ont envie de travailler. Dans ces moments-là, il faut trouver les ressources pour ne pas se laisser distraire.

Avec du recul, Carmel est convaincue qu’un collégien doit pouvoir s'appuyer à tout moment sur un adulte pour pouvoir suivre l'enseignement à distance sereinement. Un autre point lui semble important à aborder : la difficulté de resociabiliser Sarah. La jeune fille ne veut plus aucun contact avec les enfants de son âge et toutes les tentatives mises en œuvre ont, à ce jour, échoué. Elle a trouvé une forme de réconfort dans le fait de faire les cours à la maison et, pour sa mère, il va devenir un peu compliqué de la sortir de sa bulle.

 

 

Les conseils "enseignement à distance" de Carmel, la mère de Sarah

Pour les enfants scolarisés au collège, le conseil que je pourrais donner est d’être entouré, dans la mesure du possible. Les cours sont faits de manière à pouvoir les suivre en autonomie mais si l’élève rencontre des difficultés, la présence de l’adulte me parait indispensable afin d’apporter les explications nécessaires. Il faut aussi une certaine maturité et une bonne motivation pour bien suivre le programme sans prendre de retard. En début d’année, on reçoit tout le programme d’un coup et cela peut vite paraitre décourageant. D’où la nécessité de prendre du recul et d’établir un planning réaliste et réalisable sur le long terme pour ne pas se sentir perdu dans la masse de travail à fournir. La clé reste donc selon moi l’organisation et la motivation. Sans cela, il n’y a pas moyen d’y arriver. La formation à distance, peu importe les raisons pour lesquelles on la choisit, ne doit pas être perçue comme une période de repos avant de retourner au collège ou au lycée. Au contraire, je dirais qu’il faut être encore plus rigoureux car personne ne viendra vous dire à la fin de la journée que vous n’avez pas fait votre travail. Et si vous cumulez les retards, il y a un gros risque de perdre pied. Mon conseil, si vous voulez vous lancer dans une formation à distance quelle qu’elle soit est donc d’être motivé et régulier dans le travail. Mon autre conseil est de respecter les périodes de vacances scolaires. C’est indispensable d’en tenir compte dans la réalisation de son planning car il est vraiment nécessaire de savoir décrocher sans penser à ses leçons.

 

 

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