Morgane : parcours d'une combattante

 

Victime de harcèlement scolaire depuis le collège, Morgane a interrompu ses études à l'entrée de la seconde professionnelle du BEP vente action marchande. Il lui aura fallu dix années de reconstruction avant qu'elle se sente suffisamment forte pour reprendre ses études via le DAEU, un diplôme équivalent au baccalauréat réservé aux personnes ayant interrompu leurs études, dans l'objectif de suivre un cursus universitaire.

Pour smooz, elle a accepté de revenir sur son parcours et de répondre à nos questions.

 

Morgane, quel est votre parcours ?

Au lycée, je suis allée en seconde professionnelle pour préparer un BEP Vente Action Marchande. Malheureusement j'ai arrêté au bout de 6 mois, ne supportant plus le harcèlement scolaire dont j'étais victime depuis la sixième. Ce fût une époque très difficile et il m'a fallu beaucoup de temps pour m'en remettre.

 

Quelle formation avez-vous suivi au CNED ? Qu’est-ce qui vous a incité à préparer cette formation ?

J'ai préparé le DAEU littéraire avec le CNED et je dépendais de l'université Picardie Jules Verne.

Initialement je souhaitais passer le Bac mais, après en avoir discuté avec un conseiller en formation du CNED, j'ai compris que le DAEU répondait plus à mes attentes. Depuis plusieurs années, je souhaitais reprendre mes études. Je me sentais vraiment frustrée de n'avoir obtenu aucun autre diplôme que le brevet des collèges. Je ressentais également le besoin de m'instruire, de me cultiver, pour reprendre confiance en moi et me sentir plus à l'aise en société. Et puis, très vite, l'envie d'aider des personnes ayant souffert comme moi du harcèlement m'est venue.

 

Pourquoi avoir fait le choix du CNED et de la formation à distance ?

À mon âge il n'était pas pensable de retourner à l'école. Le DAEU peut être préparé à l'université en cours du soir mais je n'avais pas la possibilité de m'y rendre à cause de l'éloignement. Je me suis alors immédiatement tournée vers le CNED pour préparer mes examens. L'année dernière, dans le but de me remettre à niveau, j'ai suivi une seconde générale et cette année s'est vraiment très bien passée. Je savais que je ne serais pas seule et connaissait le sérieux des formations du CNED.

 

 

Comment s’organisaient vos journées de travail ?

Dès que j'ai reçu mes cours, je me suis fait un emploi du temps. Je travaille du lundi au vendredi de 9h à 12h puis de 14h à 17h. Je lis également beaucoup et regarde des documentaires qui m'apportent des connaissances complémentaires. Je travaille parfois trop et mes maux de têtes en témoignent ! Mais, quand je ne travaille pas je culpabilise et j'ai l'impression que mon cerveau va se ramollir.

 

Quel genre de difficultés avez-vous pu rencontrer lors de la préparation du DAEU avec le CNED ?

L'année dernière, j'avais eu beaucoup de mal à me motiver toute l'année mais cette fois-ci je suis tellement motivée que je ne rencontre pas beaucoup de difficultés. Les livres de cours sont faciles à comprendre et ils comportent beaucoup de conseil pour apprendre à travailler seul. Les professeurs sont également très présents et répondent toujours à mes questions. Travailler des matières qui me passionnent m'aide à rester motivée.

 

Votre expérience au CNED vous servira-t-elle dans votre futur emploi ?

L'autonomie est une qualité importante à acquérir pour les études supérieures et le CNED permet de l'avoir. J'ai appris à travailler par moi-même, à faire des recherches, à comprendre sans demander à mon voisin.

À l'école, on a tendance à se reposer sur nos camarades mais là si je ne le fais pas, personne ne me dira de le faire. Quand je travaille pendant 2h sur une matière, je ne fais pas de pause. Je suis donc beaucoup plus efficace et rigoureuse que je l'étais auparavant. Tout cela me servira sans aucun doute dans mon avenir. Je suis responsable de mes réussites ou de mes échecs à présent.

 

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent tenter le CNED et la formation à distance ?

Ça m'arrive régulièrement de donner des conseils à des personnes désireuses de s'inscrire au CNED. Généralement, je leur conseille de bien choisir leur formation, de ne pas s'engager au hasard. Il faut se demander si son niveau est suffisant mais il faut aussi savoir se faire confiance et se dire que tout est possible. Ce n'est pas parce qu'on a arrêté l'école au collège qu'on ne sera jamais capable d'obtenir un jour un diplôme.

Ensuite, il faut bien réfléchir aux conséquences que cela va avoir sur la vie privée. Les études demandent beaucoup de temps et d'énergie. Pour réussir il faut être prêt à sacrifier du temps libre. Ceci est encore plus important pour les personnes qui travaillent et/ou qui ont des enfants. Puis, je conseillerais également de se faire un planning et d'essayer un maximum de s'y tenir. Ça permet de garder un fil, un guide.

Enfin, on peut se sentir découragé parfois, soit à cause de la fatigue ou de résultats décevants. Dans ces moments, il est important de se tourner vers les forums du CNED où l'on peut échanger avec d'autres élèves et les professeurs. Nous ne sommes jamais seuls et il ne faut surtout pas s'isoler.

 

Quels sont vos projets professionnels actuels et futurs ?

J'espère obtenir mon diplôme pour ensuite aller à l'université. J'hésite encore entre les sciences de l'éducation et la psychologie.J'aimerais aider les enfants et adolescents souffrant du harcèlement scolaire. Ceci me tient vraiment à cœur car cela a gâché toute ma jeunesse et il m'a fallu près de 10 ans pour passer à autre chose.

J'aimerais transformer mes douleurs en force. J'aime aider et conseiller les autres également, surtout dans le domaine scolaire. Ce qui me plait dans la reprise d'études c'est que j'ai l'impression que tout est possible. J'ai le sentiment de pouvoir devenir astronaute, avocate, médecin si je le souhaite ! Les cours du CNED m'ont vraiment aidé à retrouver confiance en moi, en mes capacités intellectuelles et surtout en l'avenir.