Prof et médaillée d'argent aux Jeux Paralympiques

Ceux qui ont regardé les jeux paralympiques de Londres ont découvert Nathalie Benoit, médaillée d’argent en skiff bras et épaules (épreuve d’aviron handisport). Depuis 2009, elle ne fait qu’enchainer les 1ère et 2ème places dans des événements comme des coupes du monde ou des championnats de France, dans sa catégorie. Rencontre avec une athlète incroyable, aussi prof au CNED.

 

A 33 ans, elle est chevalier de l’ordre du mérite depuis 2013. Elle a une médaille aux Jeux Paralympiques de Londres. Elle a toujours été sur le podium aux championnats du monde et aux coupes du monde d’aviron. Bref, Nathalie Benoit n’a plus à prouver qu’elle est une grande championne et son parcours sans faute parle de lui-même. Cependant, ce que peu de gens savent, c’est qu’elle est aussi prof au CNED depuis six ans. Elle travaille avec des élèves de CE1 et conjugue entraînements et corrections au quotidien.

 

Sportive depuis toujours

 

Après une licence "éducation et motricité " obtenue à l'université de Marseille, la jeune femme passe le CRPE et obtient son CAPE en 2002 ; un parcours brillant. Nathalie Benoit a toujours été sportive, aussi bien dans ses études que dans la vie de tous les jours. Depuis qu’elle est enfant, elle pratique de multiples activités, de l’escrime à la natation en passant par le football, le karaté ou la danse. Ce ne sont que des exemples. Elle s’est tournée " vers le pentathlon moderne, c'est à dire : tir, escrime, équitation, natation et course à pieds ". Malheureusement, Nathalie est atteinte d’une sclérose en plaques en 2005. Elle commence alors le handisport avec le basket en fauteuil. Dès 2008, elle se tourne vers l’aviron, qui l’attirait beaucoup, pour plusieurs raisons.

 

C'est un sport d'extérieur, de glisse, qui est à la fois très physique et très technique

 

La jeune femme se donne à fond et ses efforts payent. Les récompenses pleuvent, les honneurs aussi, mais elle ne se détourne pas de sa seconde activité.

 

L’importance de l’enseignement

 

Quand Nathalie commence à utiliser un fauteuil roulant pour se déplacer, on lui propose de travailler au CNED car, comme elle l’explique " peu d'écoles sont accessibles aux handicapés ". En travaillant par ce biais, il est possible aux professeurs de gérer leur emploi du temps. Cela  convient parfaitement à la jeune championne : " tous les matins, je m'entraîne, les après-midis et les soirées sont consacrés à la correction des copies de mes élèves ". Après cette année scolaire, Nathalie entreprend un nouveau challenge.

 

PLM à la rame, c’est quoi ?

 

Après les Jeux, Nathalie a eu envie de faire une pause dans la compétition. Ne rien faire ? Certainement pas. Son projet actuel (départ samedi 15 juin) est de réaliser le trajet Paris-Lyon-Marseille à la rame, bravant toutes les difficultés qu’elle pourrait rencontrer. C’est d’ailleurs la première fois que quelqu’un va tenter de relever ce défi. Elle aura environ 1000 km à parcourir, 14 départements à traverser et entre 8h et 10h de rame par jour.

 

 

Des chiffres impressionnants, d’autant plus lorsque l’on sait que ce sera seulement en 40 jours que Nathalie réalisera ce parcours ! Une pause dans la compétition certes, mais un objectif et un défi pour la sportive qui souhaite se " tourner vers les relations humaines, parallèlement au sport, ce que le PLM allie très bien ". Les buts sont nombreux. Il s’agit, entre autres, de faire connaitre les activités handisportives, de présenter la sclérose en plaque, au niveau de la prévention, mais aussi promouvoir les déplacements fluviaux, respectueux de l’environnement. Voici la carte interactive de son voyage à venir :

 

 

 

 

Entourée par une équipe de professionnels, Nathalie sera suivie pour toutes ces raisons mais aussi et surtout parce qu’elle prouve au quotidien que le handicap ne stoppe pas les rêves, les envies et les projets, mais qu’au contraire, il permet de se dépasser. Les secrets de cette femme hors du commun ? L’entraînement, une vie saine et surtout le soutien de ses proches. On lui souhaite de réussir son défi, surtout qu’elle confie avoir un autre projet ; elle ajoute " je vais déjà tenter d’arriver jusqu’à Marseille ! ", ce dont on ne doute pas.

Nathalie est professeur des écoles