Michaël Gregorio, Voix multiples

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Michaël Gregorio est un performer : capable de passer de voix d’opéra à Shakira en un souffle, cet interprète de génie enchaîne les spectacles depuis 2006. Nous sommes allés à sa rencontre pour découvrir son univers. Derrière l’image publique se révèle un jeune homme cultivé qui raconte son parcours, entre deux dates de la tournée de son show "concertS".

 

Michaël Gregorio joue sur scène - ©Alain LeroySa prédisposition, il la découvre à l’adolescence, dans sa chambre, quand il chante à la manière de Tom Yorke ou Kurt Cobain. Dans les cours de théâtre de son lycée, il transforme déjà sa voix pour jouer les personnages plus âgés des pièces de Berthold Breicht. Ses premiers fans seront ses camarades de classe à qui il fait écouter ses performances en s’enregistrant sur son lecteur mp3. C’est en bricolant sa propre émission de radio avec ses copains qu’il rencontre un jeune imitateur, participant à l’émission "Graine de star". Ce dernier l’invite à envoyer une démo aux producteurs du show de M6. La suite ira très vite : il décroche la première place dans l’émission et commence à faire quelques dates dans sa région. Dans le même temps, Il réussit son bac. Puis, en 2002, il participe au spectacle "90 minutes pour rire" et fait Bercy en 2003, aux côtés d’Anthony Kavanagh. Il commence des études de droit avec le Cned. Mais les dates s’enchaînent  et la passion des planches sera plus forte que les études.

 

J’ai les cordes vocales de Monsieur tout-le-monde, je crois que c’est surtout au niveau du cerveau, de la capacité d’écoute que ça se passe

 

Depuis Michaël Gregorio ne s’est jamais arrêté. En 2006 il monte son premier one-man-show et fait le tour de France. Deux autres spectacles se poursuivent dans la lignée du premier : "Je vois les spectacles comme des suites, je ne travaille pas dans la rupture. Je rajoute des voix, je garde des anciennes que je retravaille… Dans mon show actuel il y a 17 nouvelles voix." Malgré son aisance pour passer de Michel Berger à Johnny Hallyday, il reste encore quelques défis pour ce perfectionniste : "J’essaye de faire Gainsbourg. Et Coldplay aussi. J’ai les cordes vocales de Monsieur tout-le-monde, je crois que c’est surtout au niveau du cerveau, de la capacité d’écoute que ça se passe"

 

De vrais concerts

 

 Si l’imitation des voix est le centre de l’attention, les représentations sont également de vrais concerts, avec un groupe qui suit Michaël dans toutes ses performances. D’ailleurs, le jeune homme s’empare de plus en plus des instruments pour compléter ses complices de scène. Une volonté de devenir un chanteur à part entière ? "Non, c’est juste que j’évolue. Pour certains morceaux, comme  Lenny Kravitz, c’est mieux de s’accompagner. Mais c’est aussi pour le plaisir d’apprendre à jouer des instruments !"

 

Multitâche, il va même jusqu’à se mettre à la batterie pour se confronter au groupe. Une aubaine pour ce passionné de musique, qu’on sent porté vers les dernières tendances : "J’ai vraiment aimé le nouvel album de Lou Doillon. Et je suis très fan de Woodkid, qui fait un gros travail entre la musique et le visuel."

Et s'il épingle gentiment quelques artistes, comme Christophe Maé, ce n’est pas pour donner des leçons : "Le but n’est jamais de blesser, c’est juste pour s’amuser. Après, cet extrait est parti sur Internet, il ne m’appartient plus. Les gens se l’approprient, c’est très bien."

 

Bien qu’en tournée jusqu’en 2014, Michaël Gregorio pense déjà à la suite. "J’ai une idée pour un nouveau spectacle. Ce sera complètement différent de ce que je fais actuellement, j’ai envie de proposer autre chose aux gens." On n'en saura pas plus mais on suivra ça de près.

 

 

Photos : ©Alain Leroy

Michaël Gregorio a suivi des cours d'espagnol avec le Cned
Michaël Gregorio a commencé une année de droit avec le Cned.