Jeanne Fouliard, la joie d’apprendre seul

Pour elle, apprendre est un plaisir : Jeanne Fouliard, 37 ans, a suivi de nombreuses années d’études avant de trouver sa voie. Et elle ne le regrette pas !

 

Sa rencontre avec  l’enseignement à distance se fait d’abord par obligation : en 1984, son père est chargé de coopération éducative en Mauritanie à Nouadhibou. Toute la famille déménage donc vers l’Afrique. Jeanne a 9 ans. L’école Française de Nouadhibou ne dispensant pas de cours après le CM2, la jeune fille va passer tout son collège à distance, avec les cours du Cned.

 

Avec son frère, elle va découvrir l’école française à plus de 3000 kilomètres de Paris. Une épreuve qu’elle affirme avoir surmontée sans trop de problèmes : ‘‘ Nous faisions nos cours le matin, et nous passions l’après-midi à faire du sport, de la planche à voile… ’‘

 

Certains cours de Géo nous demandaient d’observer un champ de blé. Et les champs de blé en Mauritanie…

 

Pendant cette période, les parents restent présents pour surmonter les difficultés rencontrées, avec des rôles bien définis : le père pour les sciences, la mère pour le français et les sciences humaines. Jeanne se confronte parfois à des obstacles… géographiques : ‘‘ Certains cours de Géo nous demandaient d’observer un champ de blé. Et les champs de blé en Mauritanie… Il y avait aussi un cours de biologie où nous devions disséquer une grenouille. On s’est rabattu sur un criquet ! ’‘ Elle parvient tout de même à développer sens de l’organisation et autonomie.

 

Un retour en présence difficile

 

La famille revient en France dans les années 90. Pour Jeanne, la découverte du lycée et des cours en présence sera un peu compliqué à gérer ‘‘ Nous avons dû prendre des cours en Lycée privé parce que l’école public refusait de prendre des élèves qui suivaient de l’enseignement à distance à l’époque. Et ça c’est assez mal passé avec les profs : je n’avais pas de quoi m’exprimer, je ne pouvais pas faire moi-même mon planning… Je séchais beaucoup de cours ! ’‘

 

Ses parents repartant en Polynésie sur l’île de Tubuaï (où il n’y a pas de  lycée), son frère et  elle décident de les suivre et de reprendre les cours par correspondance. Jeanne prépare alors son bac avec le Cned. Elle confesse elle-même s’être mis au travail trois mois avant les épreuves, ce qui ne l’a pas empêché d’y obtenir une moyenne de 14 sur 20. Une petite victoire pour celle que ses professeurs de seconde considéraient comme ‘‘ bonne à rien ’‘ !

 

Une carrière réussie

 

Ensuite elle ne lâche pas les études à distance : elle tente un DEUG de droit, mais finit par abandonner devant la difficulté. Dans le même temps, son père est muté à Tahiti. La famille le suit et, cette fois, ce sera pour Jeanne l’entrée en faculté afin de suivre un cursus de Gestion d’Administration des Entreprises  DEUG et Licence, qu’elle réussit aisément, obtenant même une mention Bien : ’‘ J’avais appris à travailler seule donc j’étais avantagée par rapport aux autres étudiants ‘‘ précise-t-elle.

 

Lancée sur le chemin des études, elle atterrit à Aix-en-Provence en 2001 où elle poursuit son cursus par une Maîtrise en Administration des Entreprises, qu’elle obtient.

Puis elle cherche du travail pendant  une année dans les Ressources Humaines, mais se rend compte qu’une maîtrise ne suffit pas pour faire la différence sur le marché du travail. Ses recherches ne donnent aucun résultat. Pas découragée pour autant, la jeune femme reprend le chemin de l’apprentissage. Elle entame un double cursus DESU (Diplôme d’Etudes Supérieures d’Université de niveau bac+5) en Gestion des Ressources Humaines et Droit Social, à l’Institut de droit des Affaires d’Aix-en-Provence, en parallèle avec un stage de 6 mois en Cabinet d’Avocat.

 

Le Cned m’a permis de développer ma curiosité, mon besoin de rencontrer différentes cultures, ma flexibilité, mon autonomie…

 

Un an plus tard, elle est embauchée à la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée) en tant que juriste. Mais Jeanne Fouliard ne trouve pas le poste à la hauteur de ses espérances et de ses envies  et très vite la bougeotte l’envahit : elle quitte son poste pour devenir adjointe de Ressources Humaines au Club Med. ‘‘ Ca me permettait de voyager de nouveau, d’avoir un réel contact avec des salariés de différentes nationalités ! Sourit-t-elle. Et surtout le poste se jouait sur la confiance, pas sur le nombre de diplôme ou d’années d’expérience. ’‘

 

Toujours en mouvement, elle revient quelques années plus tard  à Marseille pour participer au projet de recrutement des chauffeurs de Tram de la Régie des Transports Marseillais. Mais très vite elle se rend compte que l’air des grandes villes ne lui réussit pas et, par chance, elle se voit proposer un poste au sein d’Iter Organisation  pour devenir Assistante de Ressources Humaines à l’international, poste qu’elle occupe actuellement.

 

‘‘ Le Cned m’a permis de développer ma curiosité, mon besoin de rencontrer différentes cultures, ma flexibilité, mon autonomie… On ne se contente pas de gober ce que dit le prof ! ’‘ S’amuse Jeanne Fouliard.  Aujourd’hui, la jeune femme se dit plutôt fière de son parcours : ‘‘ J’ai 37 ans, je travaille à l’International, je parle Anglais toute la journée, j’ai un beau poste dans une Organisation Internationale où je m’épanouis, j’achète une maison… C’est pas mal pour quelqu’un que les profs considéraient comme une bonne à rien ! ’‘ 

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