Kevin Staut, une scolarité sans obstacle

 

Véritable leader de l’équipe de France, Kevin Staut est devenu en quelques années une référence dans le monde du saut d’obstacles. Et le palmarès parle de lui-même : numéro 6 du classement mondial Rolex FEI (classé numéro 2 en juin dernier, numéro 1 de juillet 2010 à avril 2011), champion d’Europe en 2009, vice-champion du monde par équipes. Pour atteindre ce niveau, le cavalier accumule les qualités physiques comme intellectuelles. Une sagacité révélée très tôt par l’ambitieux Kevin Staut qui a choisi de préparer son avenir sportif sans pour autant lâcher les rênes des études. Il nous confie son expérience de sportif de haut niveau et ses précieux conseils.  

 

Smooz : Après un baccalauréat littéraire, vous avez obtenu un BTS comptabilité gestion. Tout cela parallèlement à votre carrière de sportif de haut niveau. Votre secret ?

  • Kevin Staut : Ma réponse est assez simple : j’ai suivi ma scolarité avec le Cned à partir de ma seconde, jusqu’au BTS.

 

Pourquoi avoir opté pour ce mode de scolarité ?

  • A cette époque, j’avais choisi de faire de l’équitation mon métier. Il est alors devenu difficile de suivre une scolarité classique. Afin de concilier mes études et le sport, c’est tout naturellement que je me suis orienté vers l’enseignement à distance

 

A cette époque, quelle était votre journée type ?

  • Mon programme était le suivant : deux heures de cours par jour, six jours sur sept. En principe, je calais ces deux heures, entre 18 et 20 heures en semaine. Cela était plus variable le vendredi et  le samedi du fait des compétitions. J’étudiais dans ma chambre en semaine et à l’hôtel le reste du temps. A tout cela s’ajoutaient, bien sûr, des heures d’entraînement, soit six heures par jour, toute la semaine. 

 

Aviez-vous un tuteur qui vous aidait à suivre vos cours ?

  • J’ai eu simplement besoin d’une aide extérieure pour une matière, les maths, dans laquelle j’avais des difficultés. Un professeur de mathématiques m’apportait ce soutien deux heures par semaine.

 

Durant ces années, où l’entraînement était déjà intensif, avez-vous eu des difficultés pour suivre assidûment les cours et rendre vos devoirs ?

  • Je n’ai pas eu de difficulté particulière pour suivre les cours, seulement pour renvoyer régulièrement les devoirs. De fait, je me suis concentré sur l’apprentissage plus que sur la pratique de l’évaluation.

 

Au fond, n’avez-vous jamais souhaité arrêter vos études pour rester près des chevaux à 100% ?

  • Jamais, car je considère que, dans la vie courante, nous avons besoin d’un certain savoir, de connaissances pour mener notre vie au mieux.

 

A cette époque, vous poursuiviez vos études par précaution pour l’avenir ou avec un vrai objectif professionnel par la suite ? Lequel ? 

  • J’avais pour objectif de me mettre à mon compte. Il était donc primordial d’avoir un minimum de connaissances dans certains domaines. Mes études m’ont été utiles pour comprendre certaines choses.

 

Avez-vous eu des difficultés scolaires durant cette période ? Le Cned, était-ce difficile ?

  • Le Cned est un très bon système ! On se rend compte assez rapidement que six heures de cours en classe peuvent être condensées en deux heures de concentration sérieuse chez soi. J’avais opté pour un bac L ce qui facilite à mon sens l’utilisation du Cned parce qu’il y a, à la base, énormément de travail et de recherches personnels.

 

Globalement, quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

  • Le Cned reste un bon souvenir. Si je devais retenir un terme pour qualifier mes études avec le Cned, je retiendrais le mot « engagement ».

 

En bref, les avantages et les inconvénients des cours du Cned ?

  • Les avantages : une liberté d’organisation, une efficacité. Et ses inconvénients : le manque de présence et d’échanges humains en cas de problèmes, de blocages et d’incompréhensions

 

En dehors du caractère purement scolaire, le Cned vous a-t-il aidé à développer d’autres facultés ?

  • Le Cned m’a permis d’apprendre à mieux m’organiser, à planifier et optimiser la gestion du temps imparti.

 

Iriez-vous jusqu’à dire que le Cned a aidé votre carrière ?

  • Oui, le Cned m’a aidé dans des domaines fondamentaux de la réussite professionnelle de mon sport : communication, culture générale, organisation.

 

Et enfin, conseilleriez-vous les cours du Cned à un jeune sportif souhaitant monter au plus haut niveau ?

  • Oui, je le conseille car cela permet d’organiser son emploi du temps selon ses contraintes sportives. Il ne faut pas pour autant que les cours passent au second plan. Suivre des cours par correspondance exige une certaine rigueur, mais je serai prêt à en refaire l’expérience !

 

Et enfin, un dernier conseil pour réussir à la fois sa scolarité et sa carrière sportive ?

  • Il faut tout d’abord être passionné et très motivé. Être sportif de haut niveau n’est pas chose facile tous les jours, car cela demande énormément de sacrifices. Je pense qu’il faut en priorité penser aux études pour avoir un minimum de bases, et ensuite se consacrer au sport. Mener les deux de front est impossible sans une extrême motivation et un réel engagement !

 

(photo haut de page : crédits photo Eric KNOLL).

 

Il a choisi le CNED de sa 2de à l'obtention de son BTS