Famille Dubois, un an entre Asie et Océanie

 

Un voyage, ça commence parfois sur un coup de tête, une envie de changer d’air. En 2011, Thierry, alors artisan-boulanger à Paris, décide de vendre son commerce. Pour Édith, en mission d’éducation au développement durable auprès de lycéens, "le signal du départ est donné".

Le début du périple (août 2011) correspond au calendrier scolaire. Thibaud et Vincent, leurs enfants, vont passer leur année de 4e et de 6e de l’autre côté de la planète. "Il n’était pas question de leur imposer ce projet, ils ont tout de suite adhéré, explique Edith Dubois. Nous avions déjà apprécié leur soif de découverte et leur adaptabilité lors d’un voyage à Bali, 5 ans plus tôt."

 

Pour les quatre premiers mois de voyage, direction l’Océanie ! Passionnée de rugby, la famille choisi d’atterrir en Nouvelle-Zélande, où doit se dérouler la coupe du monde. Puis direction l’Australie. Ensuite, ils décident d’aller faire le tour de l’Asie du Sud-Est : "D'une part, ça n'est qu'à une encablure de l'Australie ; d'autre part, il est facile d'y voyager avec des enfants et la gestion du budget y est moins stressante qu'en Océanie où le coût de la vie est extrêmement élevé."

 

le voyage s’est construit au jour le jour, en fonction des envies de chacun

 

Dans son aventure la petite troupe va traverser de nombreux pays : Nouvelle Calédonie, Singapour, Thaïlande, Birmanie, Laos, Cambodge, Malaisie, Indonésie. A partir de janvier 2012, le voyage s’est construit au jour le jour, en fonction des envies de chacun. Le groupe va multiplier les moyens de transports selon les territoires traversés : camping-car, voiture, train, moto, vélo, bateau, lignes aériennes intérieures...

Le 15 août 2012, ils sont revenus en France avec des souvenirs plein la tête. Mais surtout ils ont acquis une expérience non négligeable pour ceux qui seraient tentés par l’aventure

 

Des astuces pour le voyage…

 

Consciencieux "mais pas trop", les membres de la famille Dubois ont prévus certains détails de leur voyage à l’avance, comme en atteste Edith : "Pour les 4 premiers mois en Océanie nous avons pu bénéficier de billets d'avion à des prix très intéressants en les achetant tous ensemble. Connaissant notre emploi du temps, nous avons également réservé, en amont, camping-cars et voitures. A partir de 2012 c’était l’improvisation à chaque étape. L’aventure quoi !" Pour les vaccins, ils ont fait un tour à l’Institut Pasteur "à prévoir au minimum 2 mois avant le départ."

 

Pour être fin prêts, ils ont écumé les blogs / forums de voyage et sites incontournables (meteo-du-monde.fr, abm.fr, etc…) et ont également ouvert leur propre blog pour raconter leur périple (http://dubaventure.blogspot.com).

 

il est important de bien valider les projets communs avec l’ensemble de la famille

 

Leur préparation n’a cependant pas permis d’éviter quelques imprévus "Nous avons eu des difficultés à faire prolonger un visa en Indonésie, explique Edith. Problème résolu en versant quelques millions de Rupiah (1 million de Rupiah = 100 euros) de la main à la main." Mieux vaut savoir que cette pratique est courante dans certains pays… afin de disposer d’une certaine "marge de manœuvre" si nécessaire.

 

Concernant les téléphones portables, la famille conseille de choisir un forfait international : "Au départ, pour diminuer le budget, nous préférions acheter des cartes SIM pré-payées. C'était un problème dès que nous devions faire des achats et des paiements en ligne car la banque envoie un code de sécurité par SMS. Et, suite à nos demandes, une seule de nos banques a accepté de nous envoyer ces codes par e-mail."

 

Mais surtout Edith insiste sur un point essentiel à ses yeux : "il est important de bien valider les projets communs avec l’ensemble de la famille".

 

…Et pour la scolarité

 

Pour suivre leur scolarité en voyageant, les deux enfants se sont inscrits au Cned. Edith ne cache pas les difficultés d’organisation au début : "Les supports de cours sont arrivés à notre domicile alors que nous étions déjà loin ! Il faut avoir un proche pour les envoyer, estimer le délai d’envoi… Et prévoir une adresse de réception fiable (connaissance ou Poste Restante, qui marche bien dans les grandes villes)"

D’autres imprévus sont ensuite venus : "le poids (non négligeable) des livres, nous a imposé une rationalisation des bagages." Finalement, la famille à finit par faire le choix de la technologie : "Au bout de 6 mois, nous avons investi dans deux tablettes ; résultat : productivité doublée !". Attention cependant, les cours, tous téléchargeables par Internet, sont parfois difficiles d’accès dans des pays ou le débit du Réseau est très faible…

 

Au bout de 6 mois, nous avons investi dans deux tablettes ; résultat : productivité doublée !"

 

Une fois ces problèmes dépassés, la famille a pu se rendre compte de bénéfices inattendus : Thibaud et Vincent ont développés beaucoup d’autonomie et, à l’aide des tablettes, chacun a pu suivre son propre programme à son rythme. En cas de besoins ils n’hésitaient pas à contacter leur professeur référents par mail.

"Notre truc c’était de prévoir du travail scolaire autant que possible tous les jours, mêmes les fériés, à raison de 2 heures par jour, parfois 4 heures pour Thibaud, raconte Edith. Nous ralentissions le rythme de voyage quand ils prenaient trop de retard."

Et, autant que possible, les parents ont mis la main à la pâte pour aider leurs enfants dans les matières qui posaient problème. Tout en reconnaissant leurs limites : "Nous ne sommes ni profs, ni patients… Ainsi, certaines séances ont été assez explosives ! Comme, en voyage, on rencontre beaucoup de jeunes dans les guesthouses. Il ne faut pas hésiter à faire appel à leur assistance s’ils le proposent : c’est une bouffée d’air pur pour tout le monde !"

 

L’autre défi était de garder les enfants motivés tout au long de l’année. Si seules 10 séquences sur 12 sont nécessaires pour valider son année, Edith Dubois conseille de ne pas avertir les enfants pour les garder concentrés et pour s’assurer que tous les devoirs arrivent à temps, selon l’endroit d’où on envoie les copies. Le retour à la scolarité en présence n’est pas à négliger non plus !  La famille Dubois avait négocié avec le principal de leur collège pour prévoir une inscription à l’avance.

 

Les résultats de cette expérience sont concluants, de l’avis d’Edith Dubois : "Nos deux enfants sont passés en classe supérieure. Leur retour en présence s’est fait sans problème. Ils sont beaucoup plus autonomes et ont de très bons résultats. Parfois, ils nous disent qu'à l'école, tout met beaucoup plus de temps que lorsque l'on travaille avec le Cned !"

 

Aujourd’hui, les Dubois se disent déjà prêts à repartir. Pour eux, le plus dur a été le retour "Actuellement, nous recherchons du travail, mais ça n'est pas simple car d'une part, nous ne sommes pas tout à fait les mêmes en rentrant d'une telle expérience, et, d'autre part, il n'est vraiment pas évident de se réhabituer à la routine !"

Trouvez la formation qu'il vous faut parmi notre catalogue complet
De la maternelle aux prépas entrée en écoles, avec ou sans le bac, toutes les formations scolaires