Devenir prof à la quarantaine, c'est possible !

 

A bout de souffle, après une carrière d'une vingtaine d'années dans les transports maritimes, ce père de famille a décidé de changer de voie. Aujourd'hui, professeur référent auprès d'enfants handicapés, à Forcalquier (Alpes de Haute-Provence), il nous confie son parcours, le CRPE, ses trucs pour le réussir et... son bonheur !
 
A 20 ans, Didier Nimsgern avait déjà mis un pied dans le monde de l'enseignement. Il avait, en effet, tenté le concours d'instituteur et l'avait obtenu. A cette époque, deux options s'offraient alors à lui : rentrer à l'école normale et partir enseigner ou persévérer en fac de droit pour, pourquoi pas, devenir commissaire de police. Il choisira la deuxième alternative.  
 
Une carrière dans les transports maritimes s'ouvre alors devant lui. Il créera même sa propre entreprise, à Strasbourg, qu'il gérera tambour battant jusqu'en 2003. Il travaille ensuite à Anvers et à Rotterdam. "J'ai été contraint de quitter la maison, ma femme et mes trois enfants pendant deux ans, je ne les voyais qu'une fois par mois" se souvient-il, "j'en avais assez, je voulais arrêter ce métier qui commençait à me dégoûter". Le nouveau cap à prendre est une évidence : "devenir prof, je n'ai pas envisagé d'autre carrière possible !". Sa famille le soutiendra à 100% dans ce choix, heureux d'avoir un papa sur place. "Toutefois, quand j'ai décidé de passer le concours de professeur des écoles, je ne l'ai dit à personne d'autre, c'était un secret, au cas où cela ne fonctionnerait pas..." se rappelle Didier. 
 
En 2005, il s'inscrit, comme il le dit "naturellement", à la préparation complète du Cned et travaille "comme un fou".  Son seul but : réussir le concours pour sa famille et leur avenir, pour "une vie apaisée" précise-t-il. Les cours du Cned l'accompagnent partout : le travail se fait à la maison et, le plus souvent possible, à la bibliothèque universitaire. Elève studieux, il profite aussi de son entourage proche pour se documenter, apprendre encore plus. "Mes amis étaient un peu mes coachs" se rappelle Didier. Ils sont enseignants et l'aident ainsi en mathématiques et sur la préparation de l'oral. Il passera aussi un peu de temps dans des écoles, aux côtés de professeurs, histoire de connaître un peu mieux le terrain. Bref, une préparation digne d'un grand sportif !
 
Le retour aux études à quarante-trois ans n'a pas été difficile selon lui. Et le Cned n'y est pas pour rien : "malgré des lacunes en mathématiques, les professeurs du Cned m'ont toujours encouragé, leurs annotations me poussaient en avant !". Didier obtiendra le fameux sésame du premier coup : "je suis très reconnaissant, un grand merci au Cned, les cours étaient bien calibrés". Didier intégrera ensuite l'IUFM, au milieu d'élèves plus jeunes que lui : "ce n'était pas un souci pour moi, c'était plutôt agréable d'être entouré de jeunes !".
 
Son profil hors du commun va, selon lui, être un atout, le démarquer : "on m'a proposé des postes très intéressants, m'affectant dans des banlieues auprès d'élèves handicapés", une vraie révélation pour Didier. Sa reprise d'études, ses expériences professionnelles précédentes l'ont aussi énormément aidé à réussir l'épreuve orale. Elles lui ont, par ailleurs, donné des qualités incontestables, comme savoir bien s'organiser.
 
Aujourd'hui, Didier veut aller plus loin et tenter le concours de chef d'établissement (concours de personnels de direction). Et devinez quoi ? Il a choisi de le préparer avec le Cned !
A 40ans, il devient prof !