Maud Fontenoy - Contre vents et marées

Pour les enfants, partir faire le tour du monde est un concentré de vie

Héritage d’une enfance sur les flots

 

Elle est un peu ce que l'on appelle une "enfant de la balle". Et Maud à de quoi l'être : à sept jours, elle embarquait sur le voilier de ses parents pour une navigation de quinze ans autour du monde. Pour le reste, on connaît la belle histoire : navigatrice de renom, première femme à traverser l'Atlantique Nord puis le Pacifique à la rame (en 2003 et 2005) et enfin à réaliser le tour du monde contre les vents et les courants dominants (en 2006).

 

Une femme d’exploits et engagée

 

Et plus que ça, Maud a grandi avec la mer et a retiré de son enfance des valeurs profondes de respect de la nature. Elle devient ainsi logiquement une véritable ambassadrice de la protection des océans. En 2008, la navigatrice, aussi écrivain et réalisatrice de documentaires, crée la Maud Fontenoy Fondation, reconnue d’utilité publique. L'association mène des actions en faveur de la préservation des océans, notamment auprès des enfants. Cette hyperactive, à aujourd’hui trente-cinq ans, ne s'arrête pas là : porte-parole de l'Unesco, vice-présidente du Conservatoire national du littoral, membre du Conseil Economique Social et Environnemental, ambassadrice de la Fondation Défi pour la Terre de Nicolas Hulot.

 

L'enseignement à distance, un système incroyable et très à la hauteur

 

Pas de doute que son enfance sur l'eau a marqué son histoire. Elle nous raconte son quotidien à bord avec ses deux frères et ses parents. Le bateau, une goélette de dix-sept mètres construite par son père, est devenue sa maison et la mer son jardin.

Sa scolarité est marquée par les cours du Cned, dont les cahiers, selon Maud,  lui "ont donné l’amour du livre". À bord, ses parents avaient imposé un rythme scolaire rigoureux. Réveil tôt le matin et école, même les dimanches et jours fériés, jusqu'au retour de la pêche de son père, qui continuait l'enseignement jusqu'au déjeuner. Sans quoi, faute d'avoir terminé ses devoirs, pas de plage l'après-midi ! Au final, des souvenirs d'école hors du commun et l'obtention, sans difficulté, du baccalauréat par toute la fratrie. Maud parle aujourd'hui de l'enseignement à distance avec beaucoup de reconnaissance : "il éveille une autonomie et une faculté d’adaptation, c’est un système scolaire incroyable et très à la hauteur".

En ce qui concerne l'absence de copains de son âge, Maud répond tout simplement : "avec mes frères, nous étions les plus heureux, très soudés". Selon elle, ce qui est important pour un enfant, partant vivre au bout du monde, c'est avant tout de lui créer "une harmonie pour que tout se passe bien à bord ", un "équilibre très structuré", le lieu où se trouve l’enfant n'étant pas le plus important.

 

Partir, un "véritable concentré de vie"

 

Maud est aujourd’hui maman d’un petit garçon de quatre ans. Son souhait est de lui inculquer ce que ses parents et ses voyages lui ont transmis : "se sentir bien partout", savoir s'adapter, "être émerveillé de toutes les belles choses" avec respect pour la nature. Et quand on lui demande si elle conseillerait à une famille de partir faire le tour du monde avec ses enfants, elle répond : "c’est une expérience unique, un véritable concentré de vie et de valeurs, les enfants en reviennent souvent plus débrouillards et en avance". Et Maud Fontenoy en est certainement le plus bel exemple !

 

Pour en connaître davantage sur l'enfance de Maud Fontenoy : Le sel de la vie, de Maud Fontenoy, paru en 2010, éditions "J'ai lu".

Maud Fontenoy a suivi toute sa scolarité au Cned