Famille Burgnard - Le tour du monde en avion

 

Trois ados, deux parents et un tour du monde bouclé !
 
Leur voyage, quand ils en parlent, ils ont encore les yeux qui brillent... et ça donne envie ! Nous avons rencontré la tribu des Burgnard, chez elle dans le massif du Chablais, à deux pas du lac Léman.
 
Jean-François, Gabrielle et leurs trois filles nous racontent leur tour du monde de neuf mois : une année scolaire hors de nos frontières pour avant tout "vivre ailleurs ensemble". Lui est enseignant, Gabrielle est consultante. Ils ont trois enfants : Annadeline, 18 ans au moment du départ en 2007, Nathanaelle, 15 ans et Manouck, 12 ans. C'est aussi pour vivre encore de belles choses à cinq qu'ils les ont convaincues de boucler leur sac à dos. Le faire ensemble ou rien !
 
L'idée vient du papa. C'est au hasard d'un dîner, où il rencontre un couple de "routards" déjà partis au bout du monde avec leurs enfants, que cela lui paraît évident. "Je n'y avais jamais pensé avant, mais je m'entends leur poser des tas de questions" raconte Jean-François. "Pour moi, c'était clair : nous en étions là, je devais faire ça avec ma famille !". Proposition faite au reste du clan. Mais, à l'âge de l'adolescence, pas facile de quitter ses copains, de partir avant le bac. C'est au fil des mois que tous finiront par être emballés.
 
Pour les parents, l'adolescence était le moment propice. "Bien sûr, il y aurait eu moins de couacs avec des enfants plus jeunes, mais nous voulions qu'elles gardent des souvenirs, nous avons aujourd'hui une complicité indélébile" explique Jean-François. La décision est prise et la date du départ est fixée à fin août 2007 pour un retour en juin 2008.
 
Une organisation au fil des jours et des envies
 
La préparation du voyage débute, les trois dernières semaines avant le départ étant très chargées : achat de billets d'avion tour du monde auprès d'une agence anglaise, démarches administratives, autorisations pour une scolarisation à distance via le Cned, etc. Leurs proches ont rapidement proposé leur aide (gardiennage des animaux, suivi du courrier, etc.), un soutien qui "permet d'inclure tout le monde dans l'aventure" souligne Jean-François.
 
Le voyage sera financé par un héritage, une façon de "garder un souvenir de leur grand-mère dans la tête et dans le cœur". Le rythme du périple sera imposé par les dates des billets d'avion tour du monde, le reste se fera selon les envies de chacun et les décisions de tous. "Il ne faut surtout pas tout organiser avant" conseille Jean-François, qui s'est avant tout référé au guide Partir autour du monde (cf. partie Les ressources). "Nous connaissions la durée de notre séjour dans chaque pays, nous organisions les deux premières nuitées, puis après on voyait !" continue-t-il. Cette organisation fera dormir la famille dans plusieurs types de logement : échanges de maisons, camping-car, motel, hôtel, nuits chez l'habitant. "Chaque logement arrivait au bon moment, les maisons nous permettaient de respirer" précise Jean-François. Et pour les filles, elles permettent aussi de travailler leurs cours du Cned. Le collège et le lycée à distance, Nathanaelle était en première économique et sociale, Manouck en cinquième. Pour elles, hormis dans les maisons échangées où elles rattrapaient leur retard, il a été difficile de travailler régulièrement parce qu'elles n'ont "jamais placé les cours avant le voyage". Mais malgré des difficultés d'assiduité, elles gardent de très bons souvenirs du Cned.
 
L'année suivante, Nathanaelle a empoché son bac avec mention !
 
Nathanaelle a même aujourd'hui conservé ses copies de l'époque : "je les adore, j'adore le papier, je me souviens que j'aimais pouvoir revenir sur des choses que je n'avais pas comprises grâce aux cahiers de cours". Pour elles, leur situation était même paradoxalement privilégiée : "nous avions tout le programme en main, nous savions où nous en étions et ce qu'il nous restait à faire, ce qui n'est pas le cas dans une scolarité classique en France". Elles avouent avoir attendu avec beaucoup d'impatience leurs copies corrigées et avoir beaucoup aimé les annotations des correcteurs, "très riches et encourageantes". Pour Jean-Francois, cette expérience a donné de l'autonomie et de la rigueur à ses filles, tout en bénéficiant d'un très bon suivi. Résultat : Nathanaelle a empoché, l'année suivante, son baccalauréat avec mention !
 
Les traces du voyage
 
Pour ce qui est du voyage : aucun regret non plus, malgré un sac à dos pesant entre 11 à 19 kilos (sans compter la mallette de cours) ! Les filles, qui avaient peur de l'éloignement des amis, ont conservé beaucoup de leurs contacts, grâce à internet et au téléphone. Chacun a pu concrétiser un rêve : se rendre sur l'Île de Pâques, faire un safari ou encore nager avec les dauphins. La famille craignait le retour en France, appréhendant les retrouvailles et ne souhaitant pas "avoir un carnet de rendez-vous plein". Des craintes vite effacées par un retour en douceur : une fête et énormément de surprises. "On s'est adapté pendant neuf mois, quand on revient en France, tout paraît facile : on maîtrise tout !" en sourit même Nathanaelle. Pour Jean-François, "le temps n'a pas la même teneur en voyage, on rentre différent". Aujourd'hui, les filles poursuivent leurs études avec succès et les parents ont repris leurs activités professionnelles. Tous ont indéniablement gardé le goût du voyage : des études à l'étranger pour les filles et un échange de postes qui ne déplairait pas aux parents !
 
Oui, elle donne vraiment envie la famille Burgnard. Mines réjouies, complicité, un sens fort du contact, bref une famille épanouie qui a vécu un rêve ensemble juste "avant de devenir grands" ! Plus d'infos, dont de précieux conseils, dans le livre Marchands de rêve, une année scolaire autour du monde, de Jean-François Burgnard, paru en 2011, Éditions La Belle Terre. Site web et contact : http://www.marchandsdereve.com.
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