Famille Cros-Rouyvre : les patients anglais

Voilà une histoire classique d’une famille qui, suite à une mutation, traverse la manche pour aller vivre en Angleterre. Loin de le prendre comme une contrainte la famille Cros-Rouyvre a décidé de faire de cette expatriation une expérience riche en enseignement pour toute la famille.

 

 

C’est une histoire d’expatriation réussie que racontent  Eva et Olivier, 37 ans tous les deux, installés en Angleterre depuis 2012.

Eva est libraire de formation, Olivier est ingénieur. Installé depuis 12 ans près de Montélimar, le couple est poussé à quitter la France suite à une mutation d’Olivier.  Avec leurs 3 enfants, Iris, 10 ans, Célian, 7 ans et Nils, 4 ans, ils partent de l’autre côté de la Manche et posent leurs valises dans les Costwolds, à 2 heures de Londres.

 

Une  nouvelle vie commence pour la troupe, qui doit jongler entre racines française et premiers pas dans la verte Angleterre. Pour faciliter leur intégration, les enfants sont placés en écoles anglaises.

"Là, où nous vivons, il n’y a pas d’école française. D’où notre choix de leur faire suivre des cours du CNED, histoire de ne pas trop perdre en français et surtout de faciliter le retour en écoles françaises, commente Eva Cros-Rouyvre. Nous pensons que c’est une chance pour nos enfants, une richesse que d’être imprégnés de la vie et de la culture du pays où ils vivent. Donc nous sommes à 100 % pour la scolarisation à l’école anglaise."

Commence donc un double cursus pour les trois enfants, qui vont cumuler la scolarité anglaise avec sa version française à distance. Le trio s’immerge peu à peu dans la culture anglo-saxonne et adopte la langue pas à pas.

 

Ici, les enseignants s’adaptent au niveau de chaque enfant

 

Un an plus tard, la famille dresse le bilan de cette expatriation. Et elle en tire beaucoup de choses positives. « Les enfants sont tous les trois bilingues. Ils sont très bien intégrés dans leur nouvelle vie, épanouis, responsabilisés dans leur école, à l’aise dans une nouvelle langue et avec des copains anglais, assure Eve. Même si nous continuons à parler français à la maison, les 2 garçons parlent de plus en plus anglais quand ils jouent ensemble. »

 

 

Un travail entre deux langues

 

 

Les enfants ont suivi les cours du CNED dans le même temps (CP CE1 et 6e) avec quelques difficultés au début, affirme Eve Cros-Rouyvre : "Il faut être honnête, pour faire le CNED, il est nécessaire, au moins pour le primaire, que les parents soient investis. Il faut être derrière l’enfant, il faut planifier son travail, préparer en amont, voire même compléter les cours avec des exercices d’entraînement supplémentaires ou des supports plus ludiques et surtout il faut fixer des échéances et s’y tenir ce qui n’est pas une mince affaire… L’enfant n’est pas encore assez autonome pour travailler seul et la méthode de cours en primaire ne le permet de toute façon pas. C’est un programme scolaire lourd pour des enfants scolarisés à temps plein."

 

Elle en profite pour saluer le système anglais, très performant : "Ici, les enseignants s’adaptent au niveau de chaque enfant, sous forme de groupes de niveau, transverses à plusieurs classes dans les matières principales. Certains avançant bien en anglais seront en set 1 avec des travaux plus difficiles tandis que d’autres seront dans un niveau plus bas en anglais mais plus élevé en maths ou sciences par exemple. Ça évite le sentiment d’échec de l’enfant et favorise la progression individuelle, avec ses différences, à chacun son rythme."

 

Même si des problèmes de rythmes se font parfois sentir dans groupe, la famille avoue être satisfaite de cette expatriation : "Pour la scolarité des enfants, si c’était à refaire, nous choisirions encore l’école anglaise et non la scolarité dans une école française à l’étranger, c’est tellement plus enrichissant pour l’enfant. C’est aussi plus dur si on veut maintenir un niveau correct en français, il faut suivre des cours par correspondance et travailler en plus à la maison… mais je pense sincèrement que tous les côtés positifs de l’expatriation valent bien la difficulté de la double scolarité. Vos enfants vous remercieront plus tard !"

 

 

Les 3 enfants de la famille Cros-Rouyvre suivent une scolarité complète avec le CNED