Automne Pavia, une fille en or massif

On peut être bronzée aux rayons olympiques, numéro un mondial et vivre une vie d’étudiante (presque) normale. La Judokate Automne Pavia, 24 ans, traverse la vie entre les tatamis et ses cours de CAP Petite Enfance. Portrait d’une compétitrice d’exception.

 

Très souriante et franche, Automne Pavia n’est pas du genre à s’en laisser compter. Numéro un mondial de sa catégorie en judo, la jeune fille de 24 ans a déjà prouvé qu’elle était une championne née. Médaille de bronze aux JO de Londres et toute fraîche championne d’Europe 2013, le palmarès de la jeune femme est impressionnant : médaille d'or aux championnats d'Europe juniors 2007, médaille d'or aux championnats de France 2006, 2008, 2010, médaille d'argent aux championnats du monde juniors 2008… Automne empile les titres.

 

Pouvait-il en être autrement ? Seconde d’une famille de huit enfants, Automne a grandi dans une fratrie de sportifs, près de Carcassonne. D’ailleurs ses parents sont professeurs de judo. Elle fréquente très tôt les tatamis, sans pour autant se limiter à cette discipline : "J’ai un peu tout essayé étant petite. J’ai fait de l’athlétisme, du handball…. Mais sans jamais lâcher le judo. À un moment il fallait bien faire un choix !"

 

Petite, j’étais plutôt du genre à pratiquer des jeux de garçons, et à me friter avec eux.

 

Ce sera donc le judo, qui colle parfaitement à sa personnalité bagarreuse et énergique : "Petite, j’étais plutôt du genre à pratiquer des jeux de garçons, et à me friter avec eux. Le judo est parfait pour moi, je me défoule vraiment, je lâche tout. Et faire tomber son adversaire, c’est une satisfaction personnelle."

 

Vers la compétition professionnelle

 

Elle commence donc à fréquenter assidûment le club de son père, remporte des championnats juniors puis part rejoindre le pôle espoir de judo à Marseille. Là-bas, le champion olympique Marc Alexandre la repère et la pousse à continuer ses efforts. "À partir de ce moment je me suis mis à 100% dans le judo" se souvient la jeune fille.

 

Elle s’est installée à l’Insep (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) depuis 2007, et joue à armes égales avec les champions du moment. Elle rentre vite dans la peau d’une compétitrice professionnelle, s’adaptant sans problème à cette hygiène de vie : "Je ne suis pas du genre à sortir tous les soirs, mes parents m’ont éduqué avec ces règles de vie. Pour moi c’était normal."

 

En judo, les Jeux Olympiques, c’est le top du top, plus important que les championnats du monde. Je me suis entraînée à fond pour cette médaille.

 

Remportant tournois sur tournois, elle finit logiquement à passer par la case des Jeux Olympiques en 2012. Le reste appartient à l’histoire : elle obtient sa médaille de bronze face à la hongroise Hedvig Karakas. "C’est le titre dont je suis le plus fier. En judo, les Jeux Olympiques, c’est le top du top, plus important que les championnats du monde. Je me suis entraînée à fond pour cette médaille."

 

Sa prochaine étape, après les championnats d’Europe, c’est de remporter une médaille d’or aux championnats du monde de Judo : "Je n’ai pas encore de médaille dans ce championnat, sauf par équipe. Cette fois je veux la médaille d’or, je m’entraîne dur pour ça."

 

Une vie d'étudiante médaillée

 

La tête sur les épaules, Automne pense aussi à son futur. Son année 2012, elle l’a entièrement consacrée aux Jeux Olympiques, abandonnant pour un temps les cours. "Après les JO, j’ai tout de suite pensé à l’avenir, je voulais une formation. Les gens de l’INSEP m’ont conseillé le Cned car ils n’avaient pas la formation que je voulais." En septembre elle s’inscrit au CAP Petite Enfance : "J’ai choisi cette formation car j’ai toujours voulu travailler avec les enfants. J’ai saisi ma chance, j’aurai dû le faire depuis le début ! C’était idéal, je pouvais travailler à mon rythme, car je n’ai pas beaucoup de temps dans la journée." Avec son tuteur à l’Insep, Jérôme Dreyfus, elle planifie ses heures d’études en fonction de ses entraînements.

 

j’ai toujours voulu travailler avec les enfants. J’ai saisi ma chance, j’aurai dû le faire depuis le début !

 

"En fait je n’ai pas forcément envie d’enseigner le judo plus tard. J’ai pris trop l’habitude de faire ce qui me plaît ! Sourit la jeune fille. En faisant ce CAP, je suis sûre de pouvoir faire quelque chose qui me conviendra après le judo. Et puis j’ai aussi envie de faire ma vie de famille."

 

Reste que son regard est porté vers Rio 2016, où elle enfilera son kimono pour viser le titre olympique. "Après j’arrêterai, je pense. Même si je sais qu’il est très dur d’arrêter ! Sauf si je deviens invincible…" C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

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