Et les proches qui restent en France ? La maman de Bruno Fleith se confie.

 

Cette rencontre est l'occasion de recueillir son sentiment sur le départ de ses enfants et petits-enfants. En prime : sa méthode pour "bien vivre" leur aventure !

 

Smooz : Comment la famille vous a-t-elle annoncé leur projet ?

  • Hélène Fleith : En deux fois. La première, à Noël 2010, d'une façon très naturelle. Puis, à la même occasion l'année suivante. Ils parlaient souvent de ce souhait, j'ai eu ainsi le temps de me faire à l'idée. C'est quand ils nous ont montré les plans de leur bateau que cela s'est officialisé.

 

Votre premier sentiment ?

  • J'ai eu peur pour mes quatre petits-enfants. A l'approche du départ, durant l'hiver dernier, je les ai vus très heureux de partir : leurs grands cousins les trouvaient très chanceux. Leur bonheur m'a rassuré. Pour l'école, je sais que les cours du Cned fonctionnent très bien, je n'ai jamais eu d'inquiétude à ce sujet.

 

Et aujourd'hui ?

  • C'est certain que je vais être inquiète pendant un an. Mais, c'est leur aventure, je n'ai pas le droit de la leur gâcher. Je sais que pour les enfants, c'est une expérience incroyable. D'accord, leur quotidien va changer, ils seront privés de leurs copains, de leurs activités de scouts, mais ils vivront d'autres expériences. Et surtout, ils vont apprendre une valeur fondamentale : l'adaptation, très utile pour leur avenir. En ce qui concerne mes craintes, je me dis qu'un accident peut aussi arriver au coin de notre rue. Et mon fils est très prudent, j'ai confiance en lui.

 

Quelles sont vos astuces pour mieux vivre ce départ ?

  • J'ai lu des livres racontant des aventures similaires, comme "Fleur Australe" qui relate le voyage de la famille Poupon. J'ai aussi de très bons amis, ayant vécu le départ d'un de leur enfant, qui m'ont rassuré. Nous serons aussi en contact par téléphone, courrier électronique et Skype, installé pour l'occasion par mon petit-fils sur mon ordinateur. Je compte aussi participer un peu au projet.

 

Comment cela ?

  • Je vais noter tous les événements qui pourraient les intéresser autour de la famille, de notre maison. Je vais aussi les rejoindre, avec un des frères de Bruno et sa famille, en Martinique pour fêter ensemble Noël. Nous louerons un bateau là-bas.

 

Des conseils pour les familles qui, comme vous, restent en France et voient leurs proches partir pour un long voyage ?

  • Ne pas écouter les esprits négatifs, beaucoup m'ont fait craindre le pire. Il faut avoir confiance, éviter l'indifférence et les suivre dans leur projet. Nous avons aussi beaucoup parlé. Nous n'avons pas le droit de les assommer avec nos inquiétudes : nos enfants vivent leurs projets en famille. C'est merveilleux et courageux, et je suis très fière de mon fils et de ma belle-fille. Le papa de Bruno avait beaucoup de rêves d'aventures. Mon fils les concrétise !
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