Léa-Melissa Moutoussamy prend la mouche

 

Ses réponses sont concises et vont droit au but. Une qualité indéniable quand on pratique son sport : Léa-Melissa Moutoussamy est "tireuse", le nom accordé aux pratiquants d'escrime. Il faut dire qu'elle a commencé tôt, à l'âge de 7 ans. "Mes parents m’ont proposé de faire un sport dans un des clubs proches de chez nous. Nous habitions à Paris. J’ai choisi l’escrime." Elle s'inscrit à un stage, et l'alchimie prend tout de suite : "Ce qui me plaît le plus dans ce sport ce sont les aptitudes nécessaires, la préparation et la cohésion du groupe." Elle finit par adopter le sabre comme son arme de prédilection et rejoint le club US Metro Escrime, entièrement consacré à cette discipline de l'escrime. 

 

Elle commence sa première compétition en tournoi de ligue à Paris, où elle subit une défaite. Optimiste, elle apprend à en tirer les leçons "ça m’a un peu déçue mais en final cela a été une motivation pour  m’entraîner et m’améliorer. J’ai l’esprit de compétition !" Une stratégie payante, puisqu'à 10 ans elle remporte ses premières victoires en circuit national. Elle cite la championne américaine Mariel Zagunis comme modèle en escrime, dont elle apprécie l'humilité : "elle se remet en cause à chaque fois, c'est ce qui me plaît" précise-t-elle. Elle a même une liste complète des qualités requises dans son sport : "Pour être une bonne tireuse, il faut être bien préparée physiquement, avoir un bon jeu tactique lorsqu'on joue à haut niveau et surtout avoir confiance en soi et mettre beaucoup de plaisir dans ce que l'on fait. Et puis bien sûr ne pas oublier la rapidité du bras."

Je suis allée à Londres afin de préparer Rio 2016 !

Léa Moutoussamy au JO de Londres (à droite sur la photo)

Elle se fait remarquer par l'équipe nationale et, en 2011, elle participe à sa première compétition internationale en Allemagne, avec la délégation française. Puis en août 2012, elle s'envole pour participer aux Jeux Olympiques de Londres, sous les couleurs de l'Algérie : "J'y vais surtout pour me préparer, voir comment ça se passe afin d'être prête pour les JO du Brésil." Une préparation méthodique "qui prend du temps" affirme-t-elle. Même si elle est éliminée aux premier tour, elle rentre dans l'histoire comme la plus jeune tireuse ayant participé au Jeux Olympiques. 

 

Elle suit deux à trois entraînements par semaine avec ses coéquipiers, des leçons avec son maître d'armes ainsi que des entraînements physique et cardio avec son père. Elle poursuit sa scolarité tout en suivant sa passion : "J'arrive à suivre les cours en même temps. Je suis en 3e, ça se passe pas trop mal. Cela fait 2 ans que je suis au Cned. Mes parents m’aident à me recentrer sur mes cours." Si elle avoue pratiquer l'escrime avec autant d'envie qu'au début, elle n'oublie jamais le travail : "Plus tard j’aimerais faire des études de médecine" confie Léa-Melissa. En attendant, son esprit n'est fixé que sur un objectif : le Brésil, en 2016.

 

Léa en vidéo (reportage lexpress.fr)

Léa-Melissa Moutoussamy est inscrite au Cned en seconde générale